Ils suivent la lumière
Rencontre avec les jeunes du groupe Family One.
Une main tendue. Egarée dans le labyrinthe de la Fondation d’Auteuil, Jean-Brice est venu me montrer le chemin du bureau lumineux de Charles Dumas. Il est directeur de Family One , le nouveau nom du Chœur Gospel des Orphelins apprentis d’auteuil.
Nom idéalement choisi car, pour Vincent, Serge et Jean-Brice, âgés de 16 à 18 ans, « le chœur est devenu pour nous une vraie famille ». Sur place, harpe dans un coin, clavier dans l’autre, affiches et dessins tapissent le mur. Un tableau resplendit de vives couleurs. Offert par Patricia, jeune fille suivie par la Fondation d’Auteuil, il représente une mère et son bébé entourés de fleurs et de micro poèmes, comme « Ne dérange pas un bébé quand il dort / car il parle aux anges ».
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Créé en 2000 et dirigé par un Charles Dumas au rire explosif et à la joie de vivre communicative, Family One rassemble selon les manifestations de 20 à 150 chanteurs âgés de 11 à 20 ans. Plus que des concerts, la troupe offre de véritables spectacles
mêlant danse, chants gospel, pop, ou RnB - le rappeur Passi a fait la première partie de leur concert de Noël au Trianon de Paris en 2006 - portée par l’espérance d’une nouvelle vie.
Car une partie de ces jeunes reviennent de loin : difficultés scolaires ou familiales, épreuves ou dépendances, voire même rupture sociale. Serge témoigne de ce nouveau départ : « Avant j’étais renfermé, buté, je ne voyais personne, je me sentais tout
petit. Depuis que je chante, j’ai relevé la tête, maintenant j’aime procurer du plaisir aux gens, c’est comme si j’étais heureux !»
Dans Family One, le travail est intense : «Aux répétitions, on nous demande beaucoup d’énergie, de patience; on vit les choses à bras le corps » souligne Jean-Brice. Et grâce aux difficultés et aux joies partagées, grâce au contact avec le public, l’équipe
se dépasse, soutenue par des bénévoles et des professionnels notamment pour les techniques chorégraphiques.
Sur scène, Vincent « se donne à fond » pour « partager avec les spectateurs, montrer ce que lui et les autres peuvent faire et transmettre un message », inspiré de leurs vies et de la Bible. « Quand on repart chez nous, c’est comme si on avait fait un pèleri-
nage !» indique Serge. La confiance renaît et les cœurs s’ouvrent ainsi à nouveau : «Maintenant je me préoccupe plus des autres que de moi, si quelqu’un ne va pas bien, j’essaye de faire en sorte que ça aille mieux » poursuit-il. On attend avec impatience leur second album, préparé dès cet été et enregistré enstudio en novembre. D’ici-là , le premier vous tend la main : Suis la lumière
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Journal “Holywins” 31.10.2007 C. de Chanlaire.
